Kezako exactement les Catherinettes ?

photo de catherinettes et de nicolas pour illustrer l'article PCPL sur cette traditon du 25 Novembre

En ce qui me concerne, je ne suis plus vraiment une Catherinette…

Non que mes 25 printemps soient révolus (Quoi ? j’ai 25ans et beaucoup d’expérience, c’est tout !) mais disons que j’ai trouvé chaussure à mon pied…

Et bien que les pieds n’aient rien à voir avec la célébration de Sainte Catherine, vu qu’il serait plutôt question de tête (d’ailleurs on dit « coiffer sainte Catherine » et non pas « fêter sainte Catherine »), le 25 Novembre reste le jour de jeunes filles célibataires.

. Alors, qui es-tu Sainte Catherine ?

Née à Alexandrie vers 290, la petite Catherine vit une enfance et une jeunesse paisible dans une famille nobliote jusqu’à ce qu’elle ait une vision et se convertisse au christianisme.

Jésus, ce grand émotif, touché par sa ferveur subite et totale, décide alors de l’épouser mystiquement sous les yeux de Marie et de la Cour céleste. (si ça c’est pas du mariage en grande pompe ! )

Douée d’une vive intelligence, Catherine d’Alexandrie, pas encore Sainte, suit les cours des plus grands maîtres chrétiens et devient fort érudite pour une femme du 4ème siècle.
Il se raconte qu’elle aurait même réussi à démontrer à 50 grands philosophes d’Alexandrie la vanité des idoles et la fausseté de leur foi, jusqu’à les convertir tous.

Impressionné, sous le charme, complètement esbaudi, l’empereur romain Maxence lui propose alors de devenir son impératrice.
Mais Catherine refuse par fidélité envers son divin époux.

portrait de catherine d'alexandrie pour illustrer l'article PCPL dédié aux catherinettesEt c’est là que ça se corse !

Humilié, Maxence fait subir à Catherine le supplice de la dislocation… sans succès.

Puis le supplice de la roue duquel elle sort indemne…
Mieux que ça : il parait même que c’est la roue qui se serait cassée !

Aux grands maux les grands moyens : Maxence fait décapiter Catherine le 25 Novembre 305 (ou 307… ou 310… la date est un peu floue, veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée).

Forte de ces déboires matrimoniaux, Catherine devient alors la sainte patronne des jeunes filles (vierges) à marier
et des théologiens,
et des philosophes,
des orateurs,
des notaires,
des étudiants,
des meuniers,
des plombiers (?)
Gros boulot ! Même pour une sainte !

Notons enfin que Sainte Catherine est la seule Sainte du paradis à posséder trois auréoles : la blanche des vierges, la verte des docteurs et la rouge des martyrs.

. Comment passe t’on de la Sainte au chapeau

Au Haut Moyen Age, il était d’usage pour les jeunes filles de venir rendre hommage à Sainte Catherine en restaurant ou en nettoyant ses statues.
Les Catherinettes, ainsi qu’on les surnomma naturellement, en profitaient alors pour lui glisser une petite prière dans le conduit afin que la Sainte leur accorde un bon petit mari (et assez rapidement si possible, merci madame !)

« Sainte Catherine, soyez bonne
Nous n’avons plus d’espoir
qu’en vous
Vous êtes notre patronne
Ayez pitié de nous
Nous vous implorons à genoux
Aidez-nous à nous marier
Pitié, donnez-nous un époux
Car nous brûlons d’aimer
Daignez écouter la prière
De nos cœurs fortement épris
Oh, vous qui êtes notre mère
Donnez-nous un mari »

Et de préciser :
– pour les moins de 25 ans : « Donnez-moi, Seigneur, un mari de bon lieu! Qu’il soit doux, opulent, libéral et agréable! »
– pour les 25/30 ans : « Seigneur, un qui soit supportable, ou qui, parmi le monde, au moins puisse passer! »
– pour les +30 ans : « Un tel qu’il te plaira Seigneur, je m’en contente! » (tu connais l’amour est dans le pré ?)

Au fur et à mesure, la tradition évolua un peu :
D’abord on ne venait plus nettoyer les statues de Catherine mais les fleurir.
Puis les décorer de rubans.
Puis les coiffer d’un d’un joli chapeau qu’on avait confectionné soi-même
Et enfin, de fil en aiguille, ce n’est plus la statue que les jeunes filles coiffèrent mais elles-même.

Il était alors d’usage de voir des processions entières de Catherinettes coiffées de chapeaux verts et jaunes (vert pour l’espoir et jaune pour la sagesse) allant prier Sainte Catherine tous les 25 Novembre.

. Quid Aujourd’hui des Catherinettes ?

statue de sainte cathrine de la rue de clery 75002 pour illustrer l'article PCPL dédié aux catherinettesSi la tradition populaire de coiffer Sainte Catherine a perduré bien après le Moyen Age, elle n’a pas toujours été synonyme de joie.
Pour beaucoup de jeunes filles, le port du chapeau vert et jaune devint un moment difficile : se voir rappeler chaque année qu’on n’était toujours pas mariée… bof bof…

Alors la tradition des Catherinettes tomba un peu en désuétude.

Jusqu’en 1920 où les couturières s’emparent du phénomène en s’appropriant la statue de Sainte Catherine que l’on trouve à l’angle des rue de Clery et Poissonnière, située dans le quartier du sentier, célébrissime pour ses nombreux ateliers de confection.

Et Sainte Catherine se vit, au passage, rajouter un patronage : celui de la mode (comme si elle n’en n’avait pas déjà assez la pauvre !).

midinette fleurissant sainte catherine rue de clery a paris
Chaque 25 Novembre, les jeunes couturières, reprirent donc l’habitude de venir coiffer et fleurir en grande pompe la statue, comme le voulait la tradition médiévale et furent surnommées les « Midinettes« .

C’était également l’occasion pour elles de confectionner les chapeaux les plus extravagants possibles pour leurs amies célibataires selone une règle stricte : il fallait intégrer au chapeau, un maximum d’élement pouvant définir celle qui le porterait.
Les chapeaux de Catherinettes devinrent rapidement de véritables chef d’oeuvre, tous uniques et exclusivement crées pour leur porteuse.

Outre montrer la valeur de leur amitié, cette démarche permettait surtout à ces jeunes petites mains de mettre en avant tout leur talent de créatrice dans l’espoir de se faire repérer !

Et les hommes alors ?


On l’ignore souvent mais il existe un pendant masculin aux célébrations de Sainte Catherine : la Saint Nicolas, le 6 décembre !
D’ailleurs on appelle ces messieurs simplement « des Nicolas »…

Pour eux, il ne s’agit évidement pas de porter une « coiffe » mais une « crosse » pour signifier qu’il sont disponible les joies de la vie maritale.

 

Sources : Web Divers – Gallica

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